God Bless the Child : Michelle Featherstone
Hypersexualisation : La notion d'hypersexualisation des filles est chargée de présupposés en ce qui concerne la nature des jeunes filles et de leur rapport à la sexualité. Fondamentalement, derrière l'inquiétude d'une "précocité sexuelle provoquée" (RQASF) se trouve l'idée que, lorsqu'elles ne sont pas manipulées par les messages médiatiques et les stratégies marketing, les adolescentes sont par nature peu ou pas sexuelles. Ce discours occulte le fait que les jeunes filles, vers l'âge de 12 ou 14 ans et souvent plus tôt que les garçons, entament leur période de puberté et connaissent pour certaines des poussées d'hormones qui peuvent les inciter à désirer une sexualité active. (Source : Cybersolidaire)
Certains demanderont, d'un ton outré, ce qu'on leur apprend dans les écoles de nos jours. Certains blâmeront les parents ; d'autres, les ami(e)s. Les voisins, les grands frères et grandes s½urs, l'école insuffisamment stricte, la télévision, la radio... Le réchauffement climatique, Bush, l'axe de la lune, le déboisement en Amazonie. Pourquoi ne pas blâmer la fonte de la calotte glacière? Et puis quoi encore?
L'hypersexualisation est devenu un trouble de société, ni plus ni moins. On a beau blâmer le voisin ou seul Dieu sait quoi, à peu près tout de nos jours incite les jeunes, et tout particulièrement les jeunes filles, à l'hypersexualisation.
À peine neuf ou 10 ans et elles se promènent allègrement dans la rue, juchées sur des escarpins à talons hauts dont j'aurais moi-même peur d'enfiler. Elle porte ce qu'on pourrait qualifier à peine d'une ceinture à la place de la jupe tant c'est court et elles exhibent fièrement leurs nombrils percés, cadeaux de leurs mères pour leurs 10e anniversaire. Le haut de leur tenue rappellent presque les corsets martyrisant que les jeunes filles de bonnes familles portaient jadis (sauf que les fille de bonnes familles de jadis, elles rajoutaient un truc par dessus, quand même!)
Elles portent plus de maquillage que je n'en porterai probablement jamais et couleraient à pique avec la multitude de bijoux qui ornent leur cou, poignets et oreilles si elles venaient à tomber à l'eau.
Et elle ne compte même pas une décennie de vie.
La photo au début de cet article, la petite chaussure blanche à talon ornée de fleurs... Jolie non? Disponible chez Sears.ca, en pointure de 1 à 13, talons de 2 centimètres. En (sûrement faux) cuir blanc, à lanière, susceptibles de se retrouver aux pieds de certaines de mes copines qui ont toutes plus de 20 ans.
Oh...quoi, Madame la vendeuse? Je suis dans le rayon des chaussures pour enfants? Oh, pardon!
... une fillette de 6 ans avec un talon de 3 centimètres! 3 centimètres! 3 centimètres, c'est presque dangereux pour la fille de 1.75 que je suis, imaginé sur une petite puce qui ne fait même pas 1 mètre!
Qui blâmer? Les enfants qui rêvent de ce voir avec ce genre de chaussures aux pieds, car Britney, Fergie, Christina et cie les portent? Les multinationales qui les fabriquent? Les parents qui leur achètent? On blâme personne? Un peu tout le monde?
On incite les enfants à la surconsommation (et une nouvelle garde-robe complète par année! Et de une!). On leur apprend qu'on doit être belle en tout temps, on leur inculte le complexe de se regarder dans le miroir tous les 5 minutes pour vérifier si chaque petite mèche de cheveux est adéquatement placée). On leur bousille la colonne vertébrale, les pieds, les orteils et les genoux avec des talons à la cons à une âge risible. On inflige des complexes à celles qui n'ont pas le corps ''parfait''.
Et le plus triste, on leur apprend à respecter leur image, et non elles-mêmes.
Qui disait que l'adage ''Sois belle et tais-toi'' était révolu?
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Quand j'étais petite, j'avais quoi.. 2 ou 3 robes, que je portais dans les grandes occasions : Noël, les anniversaires d'adulte auxquels on me traînait, et les enterrements. Il n'y en avait qu'une que je tolérais : ma petite robe verte et blanche à poids, que j'adorais car elle était super ample dans le bas, donc je pouvais courir et trottiner ou bon me semblait. Je l'ai malheureusement bousiller avec du jus de raison ou un truc qui tâche dans le genre.
J'avais mes pantalons, je jouais, je roulais dans l'herbe, je me traînais à quatre pattes à travers toute la maison et je courrais avec mes petites chaussures de sport bleues.
N'a-t-on pas l'impression de leur voler leur enfance?
N'a-t-on pas l'impression de leur enlever une part d'eux-mêmes?
N'a-t-on pas l'impression de les faire pénétrer beaucoup trop tôt dans le monde froid et incompréhensible des adultes?
Échanger roulades dans l'herbe, papillons, poupées et petites voitures pour talons hauts, maquillage et vêtements plus que dénudés, il y a que moi qui trouve que l'échange n'en vaut pas la chandelle?